Hier, nous étions nombreux à relayer l’information sur la fin du haut de gamme chez PSA. En effet, la remplaçante de la 607 aurait été suspendue, tandis que la C6 ne connaitrait pas de suite. Mais aujourd’hui, le constructeur Français dément cette information.
Une source interne avait révélé l’abandon ou la suspension des projets pour le remplacement des deux fers de lance de PSA. Une information d’autant plus crédible que ces deux modèles font choux blanc sur le plan commercial et que la Renault Vel Satis vient de voir sa production arrêtée. Cependant, le porte parole du groupe tente de démentir l’information par une habile pirouette, teintée de mauvaise fois. “on assiste à une évolution” des clients du haut de gamme, qui “se détournent des berlines classiques” et ont “d’autres attentes. On n’aura pas une réponse” dans le haut de gamme “sous la forme d’une remplaçante de la 607 et de la C6 telles quelles, mais on ne désinvestit pas ce segment-là“. Et pour appuyer un peu plus son propos, il évoque la future DS5 et en profite pour glisser qu’elle aura une motorisation hybride dès son lancement en 2011, belle façon de détourner le sujet !
Qui as tort, qui as raison ? Pour essayer d’éclaircir cet imbroglio, reprenons les bases du marketing automobile. En effet,le marché est divisé en segments, permettant de regrouper les véhicules équivalents pour plus de lisibilité. Les Peugeot 607 et Citroën C6 - comme la Renault Vel Satis - appartiennent au segment H1. En d’autres termes, elles doivent composer avec la redoutable concurrence germanique : Audi A6, BMW Série 5 et Mercedes Classe E.
Mais que nous dit PSA ? Que la C6 sera remplacée par la future DS5. Certes, mais la DS5 reposera sur la plateforme de la C5, et constituera une alternative premium à cette dernière. En effet, la C5 appartient au segment M2 où l’on retrouve la VW Passat, la Peugeot 407 ou encore la Renault Laguna. On y retrouve aussi des allemandes plus huppées, désignées premium, comme la BMW Série 3 ou la Mercedes Classe E. La DS5 constitua donc l’offre premium de Citroën sur le segment M2, mais n’ira en aucun cas jouer dans le segment H1. Quand à la 607, on nous dit qu’elle aura une remplaçante, mais pas sous la forme actuelle. Cela laisse sceptique. On peut imaginer un crossover, ou une 408 premium. Mais là encore, il ne s’agit pas d’une véritable remplaçante.
En résumé, PSA abandonne les grande berlines routières, que l’on regroupe sous le terme “haut de gamme”. Le groupe change de stratégie et préfère développer ces modèles des segments inférieurs en leur ajoutant une déclinaison premium. Il est vrai que reconnaitre l’abandon d’un segment à cause d’une situation d’échec n’a rien de flatteur pour l’image, mais les faits sont incontestables. Là où PSA cherche à entretenir le doute dans l’esprit des consommateurs, c’est en entretenant la confusion entre les termes “haut de gamme” et “premium”. Mais nous ne sommes pas dupe !